
le soleil
Le soleil argenté est tombé dans une mer livide
vidant ses dernières forces
à ne pas brûler le sable de ses fonds
Tatouée d’un zébu, j’ai marché des décennies
laissant la fièvre m’irradier
faisant de mon corps un galet brûlant
les algues dessèchées fouettaient mes mollets nus
Il me fallait trouver la source où l’ange allait boire
j’ai cherché sans savoir que la mer cache et dissimule
des scorpions que rien n’irradie
ni points ni virgules
Le voile d’invisibilité ma touchée
faisant de moi une ombre
une pâleur sans visage
une impression sans nom
Je me suis battue longtemps,
voulant retrouver mes formes mes cris et mes orages
je me suis débattue dans les voiles
j’ai déchiré quelques voilages mais des araignées
aux longues pattes de nacre et de cristal
retissaient toujours la toile
Je me suis endormie étouffée par la chaleur,
donnant le sein sans le savoir à des milliers de grains de sable
et sans me réveiller je suis partie
invisible et voilée
continuer ma quête de cette source où l’ange se rafraichit
Je cherche toujours vêtue de ma seule connivence
à réveiller le sable immense
lui donner forme humide
lui demander de vivre
mais je me heurte au vide
à l’angoisse de l’invisible et de l’inanimé
Seuls vivent ici depuis la chute du soleil argenté
les scorpions et les araignées
courant la nuit jouant le jour à ressembler aux pierres
tant la chaleur fait mourir
J’ai dû pour pouvoir avancer
demander aux astres de me servir d’ombrelle
et de me rafraichir d’une pluie d’étincelles
qui mordent ma peau mais la nourrissent de feu
lui donnant l’énergie de tout supporter
car j’avance sans comprendre.