
partie en catastrophe
Partie en catastrophe vers des oppurtunités
hasardeuses à priori
je haletais de panique
je ne parvenais plus à contrôler
le moulin, la machine
et tout s’avérait si vain
si futile
(le soir venu sous un tipi
au pied des falaises la face
rouge devant le feu
on nous donna à boire un liquide épais et âpre
-la grand-mère, la liane -
le chaman de la grande université
universelle de l’univers
répéta les rites sacrés de ses pères
et sifflant des airs gais, simples
il enroula pour nous le serpent cosmique
au matin le silence était frais et clair
l’espace regagnait en lumière
le corps léger
l’esprit paisible
je mis un moment à réaliser
que m’avait quitté cette peine
douleur de l’innommable
cette absence qui creuse
et résonne du cri des forçats)
je constate à présent
que ta douceur apaise
ce petit animal apeuré tapi
un lapereau sans doute
prêt à mordre le doigt
tremblant sous la caresse
et presque à bout de force
poursuivons la ballade
nos doigts s’effleurant
et nos âmes mêlées